Réseaux sociaux
LinkedIn, Facebook, Viadeo… face à la bourse
Alors que Facebook et Viadeo s’y préparent sans montrer de précipitation excessive, le réseau social à orientation professionnelle LinkedIn, pour sa part, fait une entrée triomphale jeudi dernier lui permettant de finir la journée à un niveau de cotation de 94,25 dollars soit une augmentation de 109 % par rapport au niveau d’introduction.
Cette introduction à la bourse de New York n’est pas sans rappeler celle de Google en 2004 par rapport à laquelle elle réalise une performance supérieure. Certes, Google avait levé 1,6 milliard de dollars, mais le cours de l’action introduit à 85 dollars n’avait fini la journée qu’à 100 dollars. LinkeIdn n’a levé que 352 millions de dollars, mais l’action introduite à 45 dollars a fini sa première journée à 94 dollars ce qui valorise l’entreprise à près de 9 milliards de dollars. Jeff Weiner le directeur général de LinkedIn qui a vendu 5 % de ses parts le jour de l’introduction a ainsi empoché plus de 5 millions de dollars. Et les parts qui lui restent représentent plus de 200 millions de dollars.
Ce résultat est le meilleur depuis 2005 lors de l’introduction du moteur internet chinois Baidu au Nasdaq où le cours de bourse avait bondi de plus de 350 % lors du premier jour.
Du fait de cette introduction, on a une meilleure connaissance sur les finances de LinkedIn qui a du fournir un certain nombre d’informations à la SEC. En 2010, le réseau social professionnel a réalisé un chiffre d’affaire de 243 millions de dollars, un bénéficie modeste de 3,4 M$ et emploie près de 1300 salariés. La firme cofondée par Reid Hoffman, également créateur de Paypal, fait état de 100 millions de membres enregistrés, un chiffre qui peut paraître modeste par rapport aux 650+ millions de membres de Facebook, mais les deux orientations des réseaux sociaux sont très différentes : Facebook est très grand public même s’il est aussi utilisé par les entreprises, LinkeIdn est fortement centré sur des préoccupations professionnelles.
Facebook, la Chine avant la bourse
Facebook, dont la valeur financière (théorique) a atteint des sommets, devrait, elle-aussi, faire une entrée en bourse encore plus spectaculaire que Google. Il faut préciser qu’à ce jour aucune information officielle n’a été communiquée par l’entreprise bien que Sheryl Sandberg, nommée en 2008 responsables des ventes, du marketing et du développement, a jugé « inévitable » une telle opération à l’occasion de l’introduction de LinkeIdn sans pour autant donner de précision sur le calendrier.
Si l’on croise les chiffres de l’introduction en bourse du réseau social Chinois Renren et au montant de l’investissement dans Facebook, cela valoriserait Facebook à quelque 200 milliards de dollars, un montant évidemment considérable mais qui doit pris avec beaucoup de précautions. Le réseau social Renren a vendu 53 millions de titres à 14 dollars levant ainsi 742 millions de dollars, plus du double de ce qu’a récolté LinkeIdn. Le réseau social chinois - créé en 2005 - annonce 31 millions d’abonnés.
Mais pour l’heure, Facebook veut élargir son influence et un tel objectif passe par une implantation significative sur le marché chinois. Mark Zuckerberg qui s’est rendu en Chine en décembre dernier et a rencontré les responsables de sociétés comme Baidu, Sina et Alibaba devrait se rendre prochainement dans l’Empire du milieu. « La mission de notre entreprise est claire, c’est de connecter le monde entier, a déclaré Sheryl Sandberg à l’agence Reuters. Et il est désormais impossible de penser connecter le monde entier sans la Chine ».
Viadeo dans les 18-24 mois
Le réseau social professionnel qui avait parlé en février d’une introduction sur les marchés financiers a fait savoir par l’intermédiaire de l’AFP qu’il repoussait ce projet de 18-24 mois. Après avoir parlé avec des investisseurs de New York, San Francisco, Hong Kong, Paris ou Londres, Dan Serfaty, co-fondateur de Viadeo, a fait savoir qu’il préférait « se concentrer sur la croissance ». Une déclaration étonnante dans la mesure où l’on ne comprend pas en quoi une introduction en bourse est contradictoire avec un tel objectif alors qu’une telle opération est précisément considérée comme un passage obligée pour financer la croissance des entreprises.
Viadeo qui ne publie pas ses résultats financiers fait état pour sa part de 35 millions de membres dans le monde, un chiffre en augmentation de 75 % en 2010. Cette croissance devrait s’accélérer en 2011 pour atteindre 100 %. Dans une interview à l’Usine Nouvelle, Olivier Fécherolle, directeur général opérations Europe, explique que son entreprise a un positionnement différent de LinkeIdn.
Alors que ce dernier est largement implanté sur les marchés anglophones, Viadeo est très fort en France, en Europe et sur les marchés émergents. Le réseau social entend se concentrer sur la Chine, l’Inde, l’Amérique et l’Afrique. Son business model est actuellement différent de celui de LinkeIdn. Ce dernier qui se concentre sur la gestion de carrière réalise la moitié de ses revenus de services fournis aux recruteurs, 30 % avec la publicité et 20 % avec les comptes premiums. Chez Viadeo, les comptes premiums représentent la moitié du chiffre d’affaires.
Viadeo semble donc serein sur la complémentarité de son entreprise et de LinkeIdn qu’ils ne voient pas trop comme concurrentes. On peut émettre néanmoins quelques réserves car les deux réseaux sociaux visent à peu de choses près les mêmes profils. Ces derniers seront-ils prêts à être membres de plusieurs réseaux, l’objectif étant de toucher le maximum de personnes, les réseaux sociaux étant plus soumis à la loi de Reed et à la mondialisation. Et l’expérience montre jusqu’ici que très peu de champions nationaux ont réussi à résister à la vague Facebook. Le réseau social StudiVZ en Allemagne (d’ailleurs accusé de plagiat par Facebook) qui a longtemps résisté a finalement du s’incliner.
Les commentaires
L'entrée de LinkedIn n'est pas si triomphale - son cours a été sous-estimé par les banquiers, ce qui leur a permis de remporter presque 2 fois leur mise en une journée (et si peu pour LinkedIn).
C'est comme si un agent immobilier vous signale que votre maison vaut 1 million, puis la vend ensuite 2 millions et ne vous redonne qu'un million.
Ici ce sont les investisseurs, les banquiers et ceux qui possedaient des parts avant l'introduction qui ont été récompensés.
Par Djoh le 22/05/2011 à 07:49





