Près de la moitié des DSI ne connaissent pas le montant de leur dette informatique

lundi 4 juin 2012

46 % des décideurs informatiques admettent qu’ils ne connaissent pas le montant de leur dette informatique, ce qui crée un élément de passif caché dans le bilan des organisations concernées et constitue un risque économique grandissant. Ce chiffre est tiré de l’étude intitulée “La transformation Mainframe, ou comment transformer l’éléphant dans la pièce” réalisée par Vanson Bourne à la demande de Micro Focus. La dette informatique équivaut au coût induit par les développements et la maintenance nécessaires afin d’actualiser les applications de l’entreprise. L'éditeur de solutions de gestion, de test et de modernisation d’applications d’entreprise.

Les 590 DSI et responsables informatiques interrogés à travers le monde estiment que leur dette informatique s’élève en moyenne à 10,9 millions de dollars, dont 8,5 millions attribués aux applications mainframe, et que cette dette pourrait augmenter de 9 % en moyenne dans les cinq ans à venir.

Gartner avait estimé que la dette informatique mondiale atteindrait un trillion de dollars d’ici 5 ans. Dans son rapport d’étude 2012 “Planning Guide : Application Delivery Strategies”, il conseillait aux dirigeants informatiques de produire chaque année un rapport sur l’état de leur portefeuille d’applications afin de comprendre cette dette et de s’employer à la réduire. Toujours est-il que 44 % des décideurs informatiques confirment ne pas avoir de processus structuré pour mesurer et gérer leur dette informatique, voire ne pas savoir si cette dette existe ; 45 % de ces décideurs ne prévoient pas de mettre en œuvre un tel processus.


Les utilisateurs de mainframes ne vérifient pas leurs applications de manière approfondie

Bien qu’admettant l’existence d’une dette informatique, 87 % des répondants ont défini une stratégie et appliquent un processus de vérification structuré à leur portefeuille applicatif, révisés tous les quatre mois en moyenne. Toutefois, plus de la moitié (57 %) reconnaissent ne pas avoir une vision très claire de la situation lorsqu’ils sont interrogés sur les détails.

Par exemple, un sur 20 admet (révélation pour le moins choquante) que son portefeuille applicatif est un « vrai bazar ». Pour près d’un cinquième des répondants (18 %), ce portefeuille contient des applications héritées que personne ne sait mettre à jour ni n’ose toucher. 18 % confirment l’existence d’applications redondantes consommant inutilement des ressources et indiquent n’avoir aucun moyen de les identifier et de les arrêter. Enfin, 15 % affirment que suite aux fusions-acquisitions, ils ne savent plus très bien de quelles applications ils disposent, quelles sont les relations entre elles et quelles sont celles à arrêter.

« Les résultats de cette étude montrent que la vérification et la mise à jour des applications restent aujourd’hui au stade du bricolage, ce qui crée un passif effrayant », commente Stuart McGill, directeur technique de Micro Focus. « En procédant ainsi, les équipes informatiques ont peu de chance de créer un portefeuille applicatif adapté garantissant une exécution sans faille et en continu des opérations d’entreprise. Dans les dix ans à venir, les départements IT devront moins se focaliser sur leurs projets et se concentrer davantage sur la pérennisation de leurs actifs, en particulier s’ils veulent exploiter pleinement les 27 % du budget informatique annuel alloué en moyenne. En effet, d’après les répondants, cela permettrait d’assurer, préserver et améliorer l’intégrité des applications et actifs informatiques mainframe ».

« Bien gérer son portefeuille applicatif devient donc un impératif stratégique. Mais il est difficile d’attribuer un retour sur investissement immédiat à la modernisation des applications, puisque cette proposition de valeur s’inscrit dans le moyen ou le long terme. Cela entre en contradiction avec la façon dont la plupart des dirigeants informatiques sont évalués – à savoir sur leur capacité et leur promptitude à réagir à l’évolution à court terme des besoins métier », poursuit Stuart McGill.


L’énigme de la modernisation des applications

Comprendre son portefeuille applicatif va de pair avec la résolution de questions de modernisation. Dans le cadre de l’étude Micro Focus, Vanson Bourne a interrogé des DSI et des responsables informatiques du monde entier sur les options à leur disposition afin de cerner leurs préférences. Lorsque le besoin d’une nouvelle fonctionnalité est identifié dans une application pour mainframe existante, 46 % des répondants préfèrent enrichir le code et 41 % optent pour le remplacement de l’application par un progiciel standard du marché. Parmi ceux optant pour cette seconde option, 56 % sont convaincus qu’elle sera plus facile à mettre en œuvre que les autres, 32 % pensent qu’elle est moins risquée, 30 % estiment qu’elle engendrera une réduction des coûts et 33 % citent des problèmes comme la disponibilité de compétences mainframe et COBOL.

Pourtant, le rapport du Standish Group Modernization: Clearing a Pathway to Success contredit ces idées reçues sur les atouts des progiciels standard du marché en comparant objectivement le coût, les risques et le retour sur investissement associés à la réécriture, à l’achat d’un progiciel standard et à la modernisation d’une application spécifique. Il conclut qu’avec un taux de réussie de 53%, la modernisation des applications est le projet le plus susceptible d’être finalisé dans les temps, sans dépassement de budget et en intégrant toutes les fonctions critiques requises. Le taux de réussite est de 30 % pour le remplacement de l’application par un progiciel standard et de 4 % seulement pour la réécriture complète de l’application à l’aide des outils et techniques les plus récents.


Projets de modernisation des applications

L’étude Micro Focus montre également que 14 % des répondants confirment avoir déjà commencé à proposer un accès mobile aux applications mainframe les plus à jour et 49 % prévoient de le faire dans les douze prochains mois. Ils sont 16 % à affirmer avoir déjà commencé à transférer les applications mainframe vers le cloud et 42 % projettent de le faire l’année prochaine.

Globalement, 87 % des répondants prévoient de moderniser au moins une application cœur de métier dans les douze prochains mois, avec par ordre de priorité : les ressources humaines, la gestion des processus métier, la gestion de projet et de portefeuille, la gestion de la relation client, la finance - comptabilité, et les ERP.

Les trois facteurs les plus susceptibles d’influencer les décisions concernant la modernisation des applications mainframe sont la réduction des coûts de licence pour les logiciels et les matériels, une fiabilité, une productivité et une vitesse des opérations accrues, et la préparation des systèmes informatiques pour tenir compte des innovations futures et de la croissance à venir de l’entreprise.

Les dirigeants informatiques interrogés indiquent que 11 % en moyenne des équipes informatiques mainframe - et des applications - atteindront l’âge de la retraite d’ici cinq ans.


L’étude a été réalisée en avril 2012 par Vanson Bourne qui a interrogé 590 décideurs informatiques dans neuf pays dont le Royaume-Uni (100), la France (100), l’Allemagne (100), les États-Unis (100), le Brésil (100), l’Australie (35), la Nouvelle-Zélande (15), Hong Kong (15) et Singapour (25). Les répondants appartenaient à des entreprises équipées de mainframes employant au moins 501 collaborateurs et représentatives de divers secteurs d’activité.

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