Crise de l'euro : quand la destinée des pays est liée à celle de ses banques

vendredi 20 juillet 2012

La crise financière européenne s'est de nouveau accentuée au second trimestre. Les consommateurs ont le moral dans les chaussettes et craignent pour l'avenir de leur économie et leur pouvoir d'achat. C'est ce qui ressort de l'étude GfK "Climat de la consommation en Europe" qui offre un panorama de l'évolution des anticipations économiques et de la disposition à acheter parmi les consommateurs de 12 pays européens et des États-Unis.

Au cours des derniers mois, l'intensification de la crise bancaire a accéléré le retour de la crise financière en Europe. La situation de l'Espagne, notamment, montre à quel point la destinée d'un pays est liée à celle de ses banques. L'Union européenne a approuvé un plan d'aide de 100 milliards d'euros pour le gouvernement espagnol afin de secourir ses institutions financières. La Grèce et l'Irlande ont également eu droit à leur plan d'aide de plusieurs milliards d'euros afin de sauver leurs banques. Ainsi, plus la conjoncture est mauvaise dans un pays, plus la situation des banques est critique. D'une part, les institutions financières soutiennent leur gouvernement en difficulté en achetant des obligations d'État et, d'autre part, le gouvernement intervient lorsque la situation devient critique pour ses banques. Si le secteur financier d'un pays est mal en point, la dette de l'État augmente. Les agences de notation ne manquent pas d'abaisser la note de crédit du pays concerné, comme cela a été récemment le cas pour l'Italie.

L'Union Européenne à l'aide des pays en difficulté 
Au sommet de l'UE qui s'est tenu à Bruxelles fin juin, les chefs d'État européens ont convenu d'élargir le plan d'aide pour soutenir les pays de la zone euro dont la situation est précaire. À l'avenir, le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le Mécanisme européen de stabilité (MES) bénéficieront d'une meilleure flexibilité dans la mise en œuvre de leurs mesures existantes en matière de fonds de secours, afin de stabiliser les marchés des obligations d'État. Les pays en crise pourront donc désormais accéder plus facilement aux fonds de secours européens et seront soumis à moins de conditions. L'Italie et l'Espagne souffrent actuellement de taux d'intérêt élevés et ont beaucoup de difficultés à mobiliser des fonds supplémentaires sur les marchés. Le fonds de crise MES pourra dorénavant offrir une aide directe aux banques, ce qui n'était pas possible auparavant. Les fonds, qui sont remis aux pays respectifs, augmentent la dette souveraine des pays. C'est pour cette raison que l'Italie et l'Espagne ont soulevé des objections et se sont assurées que ces fonds seraient remis directement aux banques secourues afin de préserver leur bilan national. Il est cependant indispensable d'établir une supervision uniforme des banques dans la zone euro, dans le cadre de laquelle la Banque centrale européenne jouera un rôle déterminant. En outre, un programme de redressement économique de 120 milliards d'euros a été approuvé. Les marchés ont jusqu'à présent réagi positivement aux mesures accélérées. Reste à savoir si ces mesures parviendront à réduire la gravité de la crise financière et à éviter la rupture de la zone euro dans les mois à venir. 

France : des coupes dans tous les secteurs publics
La France n'a pas été épargnée par la crise de l'euro. Elle subit même de plein fouet la montée en flèche des exigences de capitaux des états en mauvaise passe (à savoir la Grèce, Chypre et l'Espagne) et les exigences budgétaires fixées par Bruxelles. François Hollande doit donc comprimer les dépenses tout en respectant ses promesses électorales. Mais si le gouvernement veut réduire à la fois la dette et le déficit budgétaire dans les 5 ans à venir, il va devoir imposer des coupes draconiennes dans le pays. Les experts du ministère des Finances ont déjà calculé un déficit de 7 à 10 milliards d'euros pour 2012. Le rapport d'audit de la Cour des comptes rendu public au début du mois de juillet a révélé un manque supplémentaire de 33 milliards d'euros pour 2013. Des augmentations d'impôts et des coupes dans tous les secteurs publics en résulteront. Des vérités bien déséagréables. 

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