La grande question sur le Big Data
- par Marc Delhaie, PD-G d'Iron Mountain France

mardi 8 janvier 2013

Le « Big Data » a beaucoup fait parler de lui en 2012, dans les revues spécialisées, sur Internet et dans les bureaux. En 2013, l’heure sera venue de passer de la parole aux actes. L’échéance approche mais les nombreux articles parus sur le sujet n’ont pas suffi à préparer les entreprises à gérer et exploiter judicieusement le Big Data.

L’explosion du Big Data ces 12 derniers mois, en a en effet pris plus d’un au dépourvu, à commencer par les responsables de la gestion des données, qui ne savent pas par quel bout s’y prendre. Quand on sait que Tweeter génère à lui seul 12 téraoctets de données supplémentaires chaque jour et que, selon le Gartner, le volume de données créées à l’international devrait croître de 59 % par an, on comprend mieux les inquiétudes des entreprises face au Big Data, qui implique non seulement de gérer d’énormes volumes d’informations mais aussi des types de données de plus en plus variés.

L’étude menée par Iron Mountain[i] auprès de 760 gestionnaires de l’information européens révèle ainsi que la moitié des sondés ignorent comment tirer pleinement parti du Big Data et que 21 % n’envisagent même pas d’essayer.

Quantité d’entreprises risquent donc de passer à côté des nombreux potentiels promis par le Big Data et d’être devancées par la concurrence si elles ne cessent pas d’appréhender le Big Data comme un défi insurmontable, pour y voir l’opportunité de gagner en visibilité sur le marché et de saisir des opportunités jusque-là inaccessibles.


Retour aux fondamentaux
Ce n’est pas parce que la problématique du Big Data est nouvelle que les principes de base de la gestion de l’information, que les entreprises maîtrisent depuis de longues années, ne devraient plus s’appliquer. Inutile donc de remettre tous les acquis en question. Il est préférable de rechercher des méthodes qui permettront de gérer un volume croissant de données, sans nécessiter plus de ressources et d’investissement que ce qui est déjà disponible.

L’environnement doit être à la fois robuste et suffisamment flexible pour permettre aux entreprises de maîtriser le Big Data à leur rythme. Cette infrastructure de base leur permettra ainsi, à terme, de tirer pleinement profit du Big Data.


Nos recommandations, étape par étape
En suivant les recommandations suivantes, vous devriez pouvoir surmonter les différents obstacles qui vous empêchent d’envisager sereinement le Big Data.

1. Commencez par la fin. Déterminez d’abord vos objectifs, puis élaborez votre stratégie de gestion du Big Data sur cette base.

2. Définissez vos priorités pour rationaliser vos efforts. Tout évolue aujourd’hui si rapidement qu’il est impossible de trouver une solution couvrant toutes les éventualités. Identifiez les informations promettant le plus de potentiel et celles présentant le plus de risques, et concentrez vos efforts et ressources sur celles-ci.

3. Jugulez le flot de données. Hiérarchisez les données entrantes selon les priorités et ne conservez que celles qui vous seront véritablement utiles. Le volume de données disponible est tel que vous ne pourrez jamais toutes les exploiter.

4. Faites le grand ménage. Segmentez vos données par date, par exemple, et archivez les plus anciennes sur des bandes que vous stockerez en lieu sûr. La simple suppression des e-mails indésirables devrait vous permettre de libérer entre 30 et 40 % d’espace sur vos serveurs.

5. Dotez-vous de systèmes de gestion de l’information centralisés, performants et suffisamment évolutifs pour supporter durablement le Big Data afin de canaliser, d’analyser et d’archiver vos contenus numériques non structurés, comme les e-mails et les données de médias sociaux.

6. Informez-vous sur vos obligations légales. La technologie évolue plus vite que la loi, mais il est crucial que vous vous informiez en permanence sur les nouvelles obligations légales de confidentialité et de protection relatives aux médias sociaux, aux données client temps réel ou de géolocalisation.

7. Ne soyez pas trop gourmand. L’analyse du Big Data doit guider vos décisions. Elle ne doit en aucun cas remplacer votre propre jugement ou intuition. Et prenez garde que les énormes volumes de données aujourd’hui disponibles, retardent vos décisions faute d’avoir su faire le tri parmi les milliers ou millions de points d’entrée.

8. Ne visez pas la perfection. Contentez-vous de progresser. Le plus important est de poser de bonnes bases. Elaborez votre politique de gestion des données en toute bonne foi et appliquez-la de manière cohérente dans tous les services de l’entreprise. Vos décisions affecteront tout le monde dans l’entreprise. Il est donc crucial d’impliquer tout le personnel dans le processus.

9. Facilitez l’accès des différents services de l’entreprise à vos informations. Le personnel doit pouvoir accéder à vos données mais n’utilisera volontiers les processus que s’ils sont simples, intuitifs et transparents. Simplifiez autant que possible les procédures de recherche et d’analyse des données pour permettre aux salariés de les exploiter de manière judicieuse pour l’entreprise. Vous pourriez par exemple numériser vos documents papier.

10. Analysez vos informations en contexte. Isolées, les données n’ont quasiment aucune valeur. Ne vous perdez pas dans les détails. Prenez du recul pour avoir une meilleure visibilité sur les tendances générales qui se dégagent.

11. Pensez à votre empreinte carbone. L’archivage sur bandes est nettement plus économe en énergie que toute autre solution de stockage de données de pointe, y compris les disques de stockage et services « Cloud » (qui, en réalité, stockent les données sur des serveurs d’un centre de données distant, qu’il faut sans cesse alimenter et refroidir).

12. Sachez toujours où sont vos données et qui en est responsable.

Nous commençons tout juste à entrevoir les potentiels commerciaux du Big Data. Mais une chose est sûre : le rythme des évolutions et la concurrence n’ont jamais été aussi intenses et le Big Data offre aux entreprises de taille moyenne, quel que soit leur secteur, l’opportunité de gagner en visibilité sur leur marché et donc d’accroître leur agilité et leur réactivité, d’améliorer leurs relations client et la gestion de leur chaîne d’approvisionnement, ainsi que d’obtenir des réponses à des questions qui étaient jusque-là hors de leur portée. Il peut donc s’avérer extrêmement payant, à condition toutefois de poser les bonnes bases.

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