L’e-santé, un marché qui se porte bien

vendredi 15 février 2013

L’e-santé bénéficie d’un contexte particulièrement porteur. Estimé en 2012 à 2,4 milliards d’euros, le marché devrait progresser de 4 % à 7% en moyenne par an, à l’horizon 2017 selon les estimations des experts Xerfi-Precepta qui vient de publier une étude de 200 pages sur le sujet*. Le segment de la télémédecine enregistrera la plus forte croissance, devant ceux de la télésanté (hors télémédecine) et des systèmes d’information de santé. L’application des technologies de l’information et de la communication (TIC) à l’ensemble des activités en rapport avec la santé a pour objectif d’instaurer un système plus performant : amélioration des soins, réduction des dépenses de santé et création de valeur, avec la possibilité de générer une filière d’excellence. L’e-santé permet donc de répondre à plusieurs problématiques de la société française telles que le vieillissement de la population, l’augmentation des maladies chroniques ou encore la pénurie localisée de médecins.

D’un point de vue technologique, le marché de l’e-santé profite d’un environnement à la fois mature et innovant. En effet, les établissements de santé disposent désormais des prérequis technologiques nécessaires et les nouveaux modèles de services des industriels (exemple du SaaS) permettent une plus grande flexibilité dans un contexte économique difficile.


Le chiffre d’affaires des pure players en augmentation
L’e-santé rassemble donc toutes les conditions nécessaires à son expansion. Même dans le cas du scénario pessimiste, sa croissance atteindra 4% en moyenne par an d’ici à 2017. Une telle situation s’expliquerait par l’absence de modèles économiques et organisationnels pérennes sur le marché de la télémédecine, un enlisement du secteur des services à la personne sur le segment de la télésanté ainsi qu’une crise de la dette sociale et/ou une dégradation sensible de la situation économique et financière des acteurs de la santé (ex : hôpitaux) qui frapperait même les investissements d’avenir dont l’efficience est avérée. Mais dans tous les cas de figure, le chiffre d’affaires des spécialistes de l’e-santé augmentera à un rythme d’environ 10% par an en moyenne à l’horizon 2017 pronostiquent les experts de Xerfi-Precepta.


Le rôle déterminant des pouvoirs publics
Les pouvoirs publics ont compris l’importance de ce marché et ont su répondre à son besoin de structuration. Mais pour continuer leur développement, certains segments comme la télémédecine ou la télésanté nécessitent un renforcement de la législation afin d’élaborer un cadre médico-économique plus complet.
Outre l’aspect législatif, la croissance de l’e-santé repose également sur l’adhésion des patients à ces nouvelles solutions : la promotion des projets, l’implication des usagers dans la phase de lancement ou encore la conduite du changement. Ces éléments sont encore trop souvent sous-estimés par les donneurs d’ordre, les porteurs de solutions et les pouvoirs publics qui doivent jouer un rôle d’architectes de projets hautement collaboratifs.


Un paysage concurrentiel très hétérogène
Actuellement, le marché de l’e-santé se compose de près de 300 opérateurs privés et d’une dizaine d’acteurs publics. Les experts de Xerfi-Precepta ont distingué 5 catégories d’acteurs : les éditeurs de logiciels/opérateurs de services, les prestataires de services informatiques, les fabricants de dispositifs médicaux, les hébergeurs de données de santé à caractère personnel et les autres intervenants (opérateurs télécom, spécialistes de la télésanté/télémédecine, assureurs et organismes de protection sociale, fournisseurs de services à la personne…).

Parmi ces 5 catégories, les éditeurs de logiciel disposent du poids de marché le plus important puisqu’ils prospèrent sur le segment mature des systèmes d’information santé (SIS). Depuis le milieu des années 1990, de nombreuses sociétés et opérateurs publics s’y sont développés pour répondre à l’informatisation croissante des cabinets médicaux mais aussi des établissements de soins, EHPAD, pharmacies, cabinets d’analyse médicale…. Pour poursuivre leur développement, ces acteurs devront adapter leurs modèles économiques pour déployer de nouvelles offres de services et être capables de porter ou intégrer des offres globales plus complexes. C’est l’exemple d’une offre portée par un intégrateur associé à des éditeurs ou celui d’une offre portée par un éditeur de solution intégrée.

Sur le segment des systèmes d’informations hospitalier (SIH), les géants de l’informatique hospitalière (SIH) sont pour l’essentiel étrangers (McKesson, InterSytems) et optent principalement pour la recherche d’une taille critique grâce à une forte industrialisation de leur offre (éditeurs de solutions intégrées). Certains groupes français comme Medasys ont su s’imposer dans les SIH. Néanmoins, la plupart des éditeurs hexagonaux recensés disposent d’une taille modeste et tentent de renforcer leur positionnement sur des segments de niche (éditeurs de logiciels spécialisés).


* « Les marchés de l’E-santé à l’horizon 2017 - Télémédecine, télésanté et systèmes d’information de santé : positionnement des acteurs
et enjeux stratégiques à moyen terme » par Jean-Christophe Briant.

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