Défaillance d'entreprises : les micro-entreprises dans le rouge

mardi 15 avril 2014

Les défaillances d'entreprises ont augmenté de 3,4% au cours du 1er trimestre. 16 446 entreprises sont en cessation de paiement et 62 800 emplois sont directement menacées. Et les difficultés se concentrent sur les micro-entreprises (+14%).

Les micro-entreprises ont été fortement impactées sur ces trois premiers mois de l'année. Ainsi, 7 000 entrepreneurs sans salarié ont été contraints de déposer le bilan. La plupart d'entre eux s'est présentée devant le tribunal dans une situation financière tellement fragile que 80% ont été immédiatement liquidés. Et cette vulnérabilité des micro-entreprises concerne l'ensemble du territoire et des secteurs d'activité (aussi bien les services aux particuliers, que le bâtiment ou le commerce de détail). Pour les sociétés de plus grande taille, la situation est un peu plus enviable. D'ailleurs, les défaillances de PME de plus de 50 salariés sont au plus bas depuis la crise (-28%). 

Début 2009, au plus fort de la crise, plus de 16 500 entreprises étaient en cessation de paiement. Cinq ans plus tard, ce nombre reste inchangé. Sur le premier trimestre 2014, 11 669 entreprises (+ 3,7 %) ont fait l'objet d'une liquidation judiciaire directe et 4 777 (+ 2,9 %) d'un redressement judiciaire. Le total des défaillances de ce premier trimestre 2014 est ainsi quasi identique à celui constaté en pleine crise (16 860). Heureusement, les TPE employant de 1 à 9 salariés sont à nouveau dans le vert. Après un début d'année 2013 compliqué, durant lequel les défaillances avaient augmenté de 7 %, le premier trimestre 2014 a finalement été mieux orienté (-2,7 %), même si encore 8 455 petites entreprises ont connu une procédure collective.

Du côté des PME-ETI de 10 salariés et plus, 1 091 sociétés ont fait l'objet d'un redressement ou d'une liquidation judiciaire sur ce trimestre. Soit une baisse de 3,6 %. Confirmation d'une reprise d'activité pour les secteurs B2B en amont de l'économie, le recul des défaillances s'accélère avec la taille de l'entreprise. Ainsi, le nombre de défaillance diminue de 30 % sur les sociétés de plus de 100 salariés, de 17 % sur celles de 50 à 99 salariés et de 7 % sur celles de 20 à 49 salariés. Une frange de PME reste, toutefois, mal orientée, celles de 10 à 19 salariés qui voient le nombre de procédures collectives augmenter de 1,3 %.

L'industrie manufacturière porte les meilleures tendances. Avec 729 cessations de paiement sur les trois premiers mois (-6,9%), le secteur enregistre son meilleur chiffre (hors période estivale) depuis la crise. La plupart des activités industrielles surfent d'ailleurs sur la reprise. Le commerce inter-entreprises (commerce de gros) affiche également un regain de forme avec un recul des cessations de paiement de 2,8 %. Le commerce d'équipements informatiques périphériques et de logiciels reste malheureusement à l'écart de cette amélioration, une trentaine d'acteurs ayant déjà déposé le bilan (+ 19 %).

Les tensions observées chez les grossistes en informatique se confirment dans les services. Les redressements et liquidations judiciaires ont, en effet, progressé de 16,4 % dans les services informatiques et l'édition de logiciels, alors qu'ils avaient reculé de 15 % en 2013. Sur l'ensemble des services aux entreprises, les défaillances sont en hausse de 4,8 %. La dégradation est davantage concentrée dans les activités scientifiques et techniques (+6,8 %) telles que le conseil pour les affaires et conseils de gestion (+ 8 %), les agences de publicité (+ 6 %) ou les architectes (+ 25 %). Les activités de services administratifs aux entreprises contiennent l'augmentation des défaillances à + 2,7 % mais, parmi elles, la sécurité privée enregistre une hausse de 5,6 % et le nettoyage courant des bâtiments de 10,4 %.

Quant aux activités financières et d'assurance, elles ne sont pas épargnées non plus (+ 38,6 %), en particulier les fonds de placement (+ 50 %) ou les agents et courtiers d'assurances (+ 42 %). Parmi les autres activités de services, le transport routier de marchandises s'inscrit dans le rouge (+ 6 %). Le transport routier de fret interurbain, en revanche, reste bien orienté (- 12 %) tandis que le fret de proximité est à la peine (+ 14 %). 
Les métiers plus proches du consommateur, eux, sont tous dans le rouge. Les cessations de paiement ont augmenté de 3,5 %, particulièrement chez les coiffeurs (+ 13,1 %). Dans la restauration (+ 2,5 %), le rythme est tiré par la restauration rapide (+ 5,8 %) plus que la restauration traditionnelle (+ 1,4 %).

Le commerce détail contient la hausse des défaillances à 2,7 % (2 288), mais plusieurs activités dérapent fortement. C'est le cas vente à distance (+41,2%), du meuble (+ 11 %) ou du prêt à porter (+6,8 %). La dégradation est également sévères dans quelques métiers de bouche comme des épiceries (+17,9 %), boucheries (+23,3 %) et chez les artisans boulangers (+14,1 %). Les activités de santé ne sont pas épargnées avec des défaillances en hausse de 15 % dans les pharmacies, 18 % dans l'optique et 12 % dans la santé humaine.

Traditionnellement, une cessation de paiement sur quatre est constatée dans le bâtiment. C'est le cas encore sur ce premier trimestre (+2,3%). Enfin, dans l'agriculture, l'élevage enregistre une dégradation rapide (+ 46 %).

Pour terminer sur une note optimiste, Thierry Millon, le responsable des études chez Altares-D&B signale que "le deuxième trimestre pourrait être moins sévère que le premier". Et ce, même si environ 15 000 entreprises, essentiellement des petites, devraient être contraintes de déposer le bilan.



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