Les entreprises sont nombreuses à payer des pénalités en cas d’audits des licences logicielles, souvent pour plus d’un million d’euros

mardi 6 mai 2014

Les entreprises sont nombreuses à payer des pénalités en cas d’audits des licences logicielles, souvent pour plus d’un million d’euros. La plupart d'entre elles sont en effet des pirates logiciels qui s’ignorent. L’utilisation non conforme des logiciels par rapport aux contrats de licence entraine des pénalités non-budgétées par les DAF à l’occasion des audits réguliers des éditeurs.

Nombre d'entreprises sont, sans le savoir, des pirates logiciels, et doivent s’acquitter de pénalités atteignant parfois le million d’euros à l’issue des audits annuels des éditeurs. C’est la conclusion d’une nouvelle étude menée conjointement par IDC et Flexera Software, et publiée sous le titre « 2013-14 Key Trends in Software Pricing & Licensing Report ». Il s’agit de la neuvième édition annuelle d’une étude consacrée aux problématiques et tendances principales pour les éditeurs de logiciels, les fabricants d’appareils intelligents, et les dirigeants et managers des entreprises technologiques.

Le rapport montre notamment que :
- 85% des entreprises sont dans une situation de non-conformité par rapport à leurs contrats de licences logicielles ;
- 63% ont été auditées par leurs fournisseurs de logiciels au cours des 18-24 derniers mois (58% par Microsoft, le plus strict) ;
- 56% ont dû payer des pénalités (21% pour plus d’un million d’euros).

« Les audits de licences logicielles sont un moyen légitime pour les éditeurs de s’assurer que les entreprises paient pour les logiciels qu’elles utilisent réellement. Toutefois, les DAF ignorent parfois les clauses spécifiques des contrats qui autorisent ces audits, ce qui peut entrainer des conséquences importantes en termes de budget lorsque le département IT leur présente la facture de pénalité », commente Amy Konary, Vice-président Research « Software Licensing & Provisioning » chez IDC. « Le coût de ces pénalités peut être très élevé, ce qui devrait inciter les DAF à prendre les mesures nécessaires pour réduire le risque, et à mettre en place des processus et des technologies de gestion des licences logicielles ad hoc pour garantir une conformité continue. »


Les audits sont fréquents et douloureux – particulièrement pour les grands comptes

Près d’un quart des entreprises – 21% – ont reçu une facture de pénalité de plus d’un million d’euros à l’issue d’un audit, avec 56% des entreprises interrogées déclarant des frais d’audit de 100 000 euros ou plus au cours de la dernière année. Ces chiffres reflètent une tendance continue : dans le rapport 2012, 24% des répondants déclaraient avoir dû s’acquitter d’une pénalité d’un million d’euros ou plus, et de plus 100 000 euros pour plus de la moitié d’entre eux.

L’étude montre également que les entreprises – et particulièrement les grands comptes – font l’objet d’audits réguliers de la part des éditeurs. 63% des répondants déclarent avoir été audités au cours des 18-24 derniers mois (en 2012, ils étaient 64%). Les entreprises ayant un chiffre d’affaires supérieur ou égal à 3 milliards de dollars sont 33% à avoir été auditées trois fois ou plus au cours des 18-24 derniers mois.

Les grands éditeurs de logiciels ont tous, sans exception, recours aux audits pour récupérer les revenus non acquittés par leurs clients en situation de non-conformité. Mais certains éditeurs sont plus agressifs que d’autres dans leurs pratiques. Par exemple, pour la deuxième année consécutive, Microsoft est l’éditeur qui fait le plus d’audits : 58% des entreprises interrogées ont été contrôlés par Microsoft au cours de la dernière année. Au cours de la même période, 29% déclarent avoir été contrôlés par Adobe, 23% par IBM, 21% par Oracle, 12% par SAP et 8% par Symantec (dans l’étude 2012, ces chiffres étaient 51% par Microsoft, 27% par Oracle, 24% par IBM, 22% par SAP et 19% par Adobe).


La plupart des entreprises sont des pirates logiciels qui s’ignorent

Selon le rapport, la plupart des entreprises utilisent des logiciels pour lesquels elles n’ont – non intentionnellement – pas payé. Cette situation existe notamment lorsque les entreprises n’ont pas mis en place les processus et technologies nécessaires pour tracer les installations logicielles et leur utilisation dans les différentes environnements – sur site, virtualisés, cloud et mobiles –, et que les audits font ressortir une différence entre l’utilisation réelle et celle prévue par le contrat de licence. 85% des répondants déclarent qu’une partie de leurs dépenses logicielles correspond à des applications non-conformes ; 42% d’entre eux déclarent que plus de 10% de leurs dépenses logicielles sont concernées.

Les entreprises qui gèrent proactivement leurs licences logicielles sont les plus satisfaites par les résultats. Ainsi, 54% des répondants ayant mis en place une solution d’automatisation tierce pour gérer leurs licences se déclarent satisfaits ou très satisfaits par les méthodes mises en place. Ils ne sont que 31% lorsqu’ils utilisent la solution de gestion de licence fournie par l’éditeur ; 22% lorsqu’ils utilisent une solution maison ; et 6% lorsqu’ils utilisent une méthode manuelle.

« Les audits des éditeurs de logiciels font aujourd’hui partie du quotidien, et les pénalités sont parfois une douloureuse réalité pour les DAF », commente Jim Ryan, COO de Flexera Software. « Les entreprises prévoyantes mettent en place des processus et des technologies pour garantir une conformité continue de leurs licences logicielles, évitant aux responsables IT de présenter à leur DAF des factures à six, sept ou huit chiffres. »

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