60 % des entreprises n'ont pas de réglementation interne en matière de réseaux sociaux

lundi 19 mai 2014

La majorité des entreprises en France n’a pas de réglementation en matière d’usage des réseaux sociaux par les salarié/es. Tel est le constat alarmant que l'on peut tirer de l'enquête* réalisée par le spécialiste du recrutement Robert Half. 57 % des entreprises en France ne disposent pas de charte ou de réglementation contractuelle régissant l’usage privé des réseaux sociaux par leurs collaborateurs/trices. A noter que les organisations relevant du secteur public sont plus nombreuses (69%) que celles du privé (53%) à n’avoir aucun cadre défini en la matière.

Une nouvelle occupation et une nouvelle aire d’expression

Les réseaux sociaux sont devenus à la fois une passerelle entre la vie professionnelle et la vie privée et une plateforme d’expression des salariés sur leur travail, leur entreprise. Cela a deux conséquences pour les organisations :

- L’utilisation privée des réseaux sociaux (Facebook, Twitter…) sur lieu de travail reflète la perméabilité croissante entre les sphères professionnelle et personnelle. Ces réseaux assurent le lien avec l’entourage amical ou familial, les centres d’intérêts… etc. Etre connecté est devenu une « occupation » à part entière. Mais cet usage privé peut avoir des conséquences en termes de productivité. Il est susceptible de motiver des questions légitimes tant de la part des employeurs, que d’employés non connectés : à partir de combien de temps d’utilisation passe-t-on de la parenthèse tolérée à la pause comptée, réglementée ? Sur quelles bases ?

- Du fait de cette perméabilité entre vie professionnelle et privée, les réseaux sociaux servent aussi de terrain d’expression des salariés sur leur entreprise, leur travail voire leur collègues. Cette expression pose des problématiques éthiques et contractuelles.


Pour Olivier Gélis, Directeur Général de Robert Half France : « Les réseaux sociaux sont une réalité que les entreprises, quelle que soit leur taille, ne peuvent négliger voire ignorer. Les enjeux de productivité, de confidentialité, de respect de l’entreprise et des personnes ne sont pas anecdotiques. Si toute interdiction totale ou toute censure semble aussi illusoire que contreproductive, il est important de disposer d’une règle claire et simple pour éviter toute ambiguïté, toute difficulté. Pour être bien comprise et acceptée, cette décision doit s’accompagner d’une sensibilisation. En effet, tous les salariés n’ont pas nécessairement pleinement conscience des enjeux et des impacts d’une utilisation privée inappropriée des réseaux sociaux sur leurs lieux de travail ou concernant leur entreprise »


* Source : enquête Robert Half menée par un institut de sondage indépendant en décembre 2013 auprès de 200 Directeurs/Responsables des Ressources Humaines d’entreprises en France

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Les commentaires

Outre les deux points mentionnés, à savoir, que les réseaux sociaux

- "assurent [pour les salariés] le lien avec l'entourage amical ou familial, les centres d'intérêts, etc."

- "[leur] servent aussi de terrain d'expression des salariés sur leur entreprise, leur travail voire leur collègues. Cette expression pose des problématiques éthiques et contractuelles",

les réseaux sociaux sont un outil pour les salariés pour crowdsourcer des idées en vue d'en faire bénéficier leur employeur engagé dans la course à l'innovation.

Votre constat est donc inquiétant, car l'entreprise peut se retrouver malgré elle en situation de contrefaçon, parasitisme ou de concurrence déloyale, avec les risques stratégiques et financiers associés.

Sur le net, un article lançant cette alerte en mars 2012.

"Des réseaux sociaux numériques pour innover ? Oui mais proprement gouvernés", Le Cercle Les Echos, 5 mars 2012.

Par Tru Dô-Khac le 21/05/2014 à 09:18

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