Le cloud computing : un marché en pleine effervescence

lundi 16 juin 2014

L’essor du cloud computing se confirme. Il faut dire que ce concept d’organisation informatique, qui permet d’utiliser des ressources à distance, a de multiples atouts (gain de temps dans le déploiement des ressources, élasticité de l’accès aux ressources, etc.). " Plutôt que d’investir dans du matériel IT et dans des licences logicielles, les entreprises et les administrations plébiscitent de plus en plus le modèle de paiement à l’usage ", relève Gabriel Giraud, analyste chez Xerfi. Elles préservent ainsi leur trésorerie et évitent des soucis comptables supplémentaires liées à l’amortissement, aux coûts de maintenance et aux coûts de mise à jour. Résultat, le marché français a progressé de plus de 20% en 2013. Et cette tendance devrait se poursuivre d’après Xerfi, avec notamment un léger rebond des dépenses IT des entreprises et des administrations d’ici 2015.


Les Français pourraient tirer leur épingle du jeu

Aujourd’hui, la majeure partie du marché hexagonal est entre les mains des géants américains tels qu’Amazon Web Services, Microsoft ou IBM. Mais les Français pourraient bien contre-attaquer. En effet, les problématiques de
sécurité des données sont revenues sur le devant de la scène, notamment avec l’affaire Prism. La révélation de ce programme de surveillance électronique a durablement terni l’image des leaders américains comme Amazon ou IBM. Et ce scandale pourrait in fine avoir des répercussions positives sur l’activité des spécialistes français du cloud computing.





De plus, l’adoption de l’informatique dans les nuages par les PME constitue un marché à fort potentiel de croissance pour les intervenants. Seulement 20% des structures de moins de 200 personnes utilisaient le cloud computing en
2013. Ainsi, les spécialistes poursuivent leurs efforts pour adapter leurs offres aux besoins de ces petites structures et axer leur communication sur la rapidité et la facilité de mise en place de leurs produits et services. Les spécialistes français pourront, pour cela, compter sur leur relation de proximité avec les PME établie antérieurement. A titre d’exemple, SFR a créé en juin 2013 le Pack Business Entrepreneurs, une offre de services de télécoms et de cloud dédiées aux petites entreprises.

Dans ce contexte, les experts de Xerfi tablent sur une hausse de l’activité des spécialistes nationaux du cloud computing de 20,5% en moyenne par an, à l’horizon 2015. Le dynamisme de l’activité des opérateurs français reposera
également sur la mobilisation des pouvoirs publics. Avec le coup d’envoi du projet « Nouvelle France industrielle », l’Etat français souhaite développer l’offre et l’usage du cloud computing. Il a pour ambition de renforcer la sécurité à l’usage, d’aider des jeunes entreprises à se développer dans ce secteur, et de soutenir les opérateurs français face aux géants américains.


Des pressions sur les prix sont à envisager

Cependant, les spécialistes du cloud computing devront faire face à une intensification de la concurrence intra-sectorielle à l’horizon 2015, surtout sur le segment de l’infrastructure à la demande (IaaS). Elle se traduira par des pressions sur les prix liées aux offensives des exploitants des datacenters. Ces derniers continueront d’agrandir leurs parcs de serveurs tout en cherchant constamment à faire tendre le taux d’utilisation de ces derniers vers 100%,
quitte à se montrer extrêmement agressifs sur les prix d’une partie de leurs ressources disponibles. L’intensification des rivalités concurrentielles sur le marché français sera également favorisée par l’émergence de courtiers de
services de cloud computing (cloud brokers). Ainsi, d’après Xerfi, on assistera à une polarisation du marché : d’un côté, les spécialistes du cloud « low cost » et de l’autre des opérateurs proposant des prestations « premium ».


Les opérateurs ne seront pas logés à la même enseigne

Cette polarisation du marché et les attentes hétérogènes des clients incitent les spécialistes à développer des compétences spécifiques et à tisser des partenariats avec d’autres compétiteurs. Xerfi a distingué quatre grands profils
d’acteurs stratégiques :

-°les hébergeurs (AWS, OVH, TelecityGroup, etc.) ont opté pour une stratégie d’intégration verticale de chaîne de valeur. La mise en place de marketplaces applicatives couplant IaaS et SaaS, leur permet d’être sur toutes les couches
du cloud (Paas, IaaS et surtout SaaS) et de fidéliser leur clientèle (développeurs et prestataires de services). Parce qu’ils peuvent appliquer une politique tarifaire flexible, ce sont les mieux armés pour s’imposer dans l’univers du cloud « low cost » français ;

-°grâce à leur maîtrise historique des méthodes de facturation à l’usage, à leurs liens privilégiés avec les entreprises et à leur expertise en relation client, les opérateurs télécoms (Orange, SFR, Bouygues Telecom, etc.) ont toutes les
cartes en mains pour conquérir le segment du cloud « premium »°;

-°les éditeurs de logiciels (Dassault Systèmes, Esker, CEGID, etc.) peuvent, grâce aux marketplaces des hébergeurs, diversifier leurs circuits de distribution profiter d’une visibilité accrue auprès de leur clientèle. Dans ce contexte, ils
profiteront de leur aptitude à proposer des solutions métier clés en main aux entreprises ;

- °les entreprises de services numériques (ESN) à l’instar d’Atos, Bull, Capgemini, etc. mettront en avant leur expertise pour développer des solutions sur-mesure pour les Directions des Systèmes d’Information des grands comptes.


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