Les entreprises françaises n'hésitent plus à recourir au Cloud pour des besoins stratégiques

jeudi 19 juin 2014

Selon une étude du cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC), les entreprises françaises n'hésitent plus à recourir au Cloud pour des besoins stratégiques. Telle est la principale conclusion à tirer la troisième édition du PAC CloudIndex, son outil de mesure de la maturité des organisations françaises par rapport au Cloud. « Nous pouvons voir que le marché du Cloud évolue. Le Cloud n'est plus un simple moyen de passer du Capex à l'Opex, mais bien un outil stratégique au service de la croissance », confirme Olivier Rafal, directeur de recherches au sein de PAC France.

Une stratégie Cloud n’est définie que dans 11% des organisations françaises. Dans la majorité des cas, c'est le DSI qui porte cette stratégie (55%) et la met en œuvre (80%). Les métiers qui ont une vision plus tactique ne portent la stratégie que dans 10% des cas. Le besoin en flexibilité reste la première raison du passage au Cloud (63%), devant la volonté de réduire les coûts (56%) et le développement de produits, solutions ou démarches innovants (41%). Le Cloud est de plus en plus considéré comme stratégique puisque 30% des répondants déclarent y recourir pour soutenir un changement de 'business model', par exemple. De même, 77% des répondants recourant au Cloud jugent qu'au moins une de leurs applications SaaS est stratégique pour leur business.

Parmi les répondants déclarant recourir à des services de Cloud computing, plus de 40% prévoient d'intensifier leur recours au SaaS : davantage d'applications, mais aussi davantage d'utilisateurs sont envisagés. Les organisations qui ont recours au Cloud sont en effet convaincues des bénéfices. Dans le domaine du SaaS, elles sont ainsi 41% à prévoir d'étendre leur utilisation dans les 3 ans à venir. Les premières applications en ligne utilisées, telles que la messagerie et les outils collaboratifs et/ou sociaux, séduisent par leur simplicité, et leurs avantages en termes de mobilité des employés, voire de création d'un lien social permanent. Selon les éditions du PAC CloudIndex, entre un quart et un tiers des répondants ayant recours au SaaS déclarent que ce sont plus de 75% de leurs collaborateurs qui sont connectés à ces outils de communication et de collaboration.

Les principales applications utilisées en dehors de la messagerie sont liées à la gestion des ressources humaines ou au métier de l'entreprise. La différence d'utilisation des applications de gestion des ressources humaines par rapport à aux applications de gestion de la relation client peut surprendre, dans la mesure où le CRM est souvent médiatisé comme le plus grand succès du SaaS après la messagerie. La différence tient en fait à la structure du marché et à la nature des besoins couverts. Le CRM en mode SaaS vient le plus souvent en remplacement de systèmes existants "on premise" (sur site). Il s'agit souvent de gros contrats, pour lesquels se battent un acteur américain archi-dominant, d'autres acteurs internationaux et finalement assez peu d'acteurs locaux. Par contraste, dans les ressources humaines, les solutions SaaS apportent des outils nouveaux aux DRH (dans la gestion des talents, notamment), concernent moins de monde au sein des entreprises, et le marché est mieux réparti du point de vue des fournisseurs ; de nombreux acteurs locaux connaissent ainsi un beau succès en France, voire à l'international.

Un accompagnement par un partenaire de confiance est primordial. Les organisations françaises attendent de leurs prestataires des services de conseil sur le choix des applications à passer en mode SaaS (35%), des services d'intégration du SaaS avec l'existant (65%), ou encore de l'hébergement à valeur ajoutée, notamment avec des engagements de niveaux de service personnalisés (14%).
Alors que le Cloud peut paraître nébuleux - l'expression "informatique dans les nuages" aggravant encore cette image - il est vital de
concrétiser la relation avec le client. Qu'un développeur ou un ingénieur système commande une machine virtuelle directement en
ligne, sans s'embarrasser d'une quelconque interaction humaine, se comprend parfaitement. Mais dès lors qu'il s'agit d'opérer un tournant
stratégique pour l'entreprise, de confier des données importantes à un fournisseur de services Cloud, cela nécessite d'accompagner et de
rassurer.
Qui, mieux qu'un prestataire de proximité, peut ainsi rassurer les organisations par rapport à leur passage au Cloud ? Cela vaut d'abord
pour les prestataires de services, partenaires réguliers des entreprises et organismes publics, dont ils ont la confiance. Et cela vaut aussi pour les fournisseurs de Cloud, qui inspirent malgré tout plus confiance s'ils ont pignon sur rue en France (siège social, datacenter...), même s'ils sont de nationalité étrangère.

Les raisons de ne pas utiliser de Cloud sont, elles, toujours aussi nombreuses. Les craintes sur la sécurité redeviennent le principal obstacle au passage au Cloud computing (48%). Craintes souvent infondées, les spécialistes du Cloud déployant des moyens sans commune mesure avec la majorité des entreprises utilisatrices, mais qui sont régulièrement alimentées par des incidents de fonctionnement très médiatisés, des attaques de pirates, ou encore des affaires d'espionnage international, comme celle de la NSA.
Les fournisseurs de Cloud peuvent y répondre, notamment en localisant leurs datacenters en France, une demande très forte tant vis à vis du Cloud privé (50%) que du Cloud public (46%). « Avec l’affaire Prism, les organisations françaises montrent de réelles inquiétudes sur la sécurité. Les acteurs du Cloud, fournisseurs et prestataires de services, jouent ici un rôle très important de mise en confiance, avec un hébergement en France et un vrai suivi de la gestion des données », conclut Olivier Rafal.


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