La cybercriminalité ouvre de nouveaux marchés aux banques et aux assurances

lundi 13 octobre 2014

Parallèlement à l’évolution technologique des secteurs de la banque et de l’assurance (internet, dématérialisation, multiplication des canaux, diffusion interne de l’utilisation des technologies de l’information…), la cybercriminalité progresse de façon exponentielle. Actuellement, le coût annuel global de la cybercriminalité dans le monde est de 285 milliards d’euros (1,7 milliard en France), estime Patrice Remeur, analyste au sein de Xerfi qui vient de publier l'étude « La banque et l’assurance face aux cybermenaces – Assurance contre les cyber-risques, sécurisation des moyens de paiement : l’offre est-elle à la hauteur des enjeux ? ». Les coûts liés à ces menaces pourraient engendrer une perte de 2 200 milliards d’euros d’ici 2020 pour l’économie mondiale.

Face à cette insécurité constante, le marché de la cybersécurité est en pleine expansion et ne risque pas de se tarir de sitôt (dépendance des entreprises et organisations aux systèmes informatiques, connectivité quasi-totale des ménages européens...). C’est un véritable enjeu pour les secteurs de la banque et de l’assurance. Certaines institutions peuvent subir jusqu’à 10 000
attaques chaque jour.

Les banques renforcent leur sécurité interne et externe…

La multiplication des canaux de paiement (internet, mobile…) a en effet fragilisé le secteur bancaire face aux cybermenaces. En France, 1,2 million de personnes pourraient être victimes de débits frauduleux en 2015, contre 650 000 en 2011 (enquête INSEE-ONDRP). Outre le chiffre d’affaires des banques, ces attaques affectent aussi leur réputation, la confiance auprès des acteurs et les systèmes (paiements, marchés…). Les blocages liés aux attaques peuvent stopper les paiements et les financements, déstabiliser immédiatement les marchés et les Etats.





Pour améliorer la sécurisation de leurs services, la mise en place de nouvelles technologies innovantes (reposant sur la biométrie ou sur des réseaux sécurisés par exemple) renforce la protection des données. Des solutions et services de dématérialisation (coffre-forts numériques, infrastructures d’échanges interbancaires…) sont proposés. Toutefois, l’information des utilisateurs reste la meilleure défense. C’est ainsi que les clients mais aussi le personnel de la banque sont sensibilisés et accompagnés à travers des sites internet dédiés, brochures et formations.

… et les assureurs cyber-spécialisent leurs offres…

De plus en plus d’assureurs proposent des couvertures contre les risques d’attaques informatiques, surtout destinées aux entreprises. Elles permettent à ces dernières d’être indemnisées des dommages matériels subis ou provoqués par l’introduction, la suppression, le vol ou l’altération des données sur le système d’information. A titre d’exemple, le groupe Axa propose l’offre « cyber-sphère » et CNA « NetProtect ». Pour protéger leurs clients particuliers des cybermenaces, les banques remboursent (totalement ou partiellement) les pertes.

… mais le potentiel reste sous-exploité

L’essor du marché de la cybersécurité se heurte toutefois à plusieurs obstacles. Le premier est la réglementation contraignante qui touche les secteurs de la banque et de l’assurance, notamment dans la protection des données personnelles et la traçabilité des informations financières. Ensuite, il est difficile d’évaluer économiquement les services et assurances dédiées à la cybersécurité, à cause du manque de données fiables (seulement 30% des victimes déclarent une attaque). Enfin, les risques de la cybercriminalité, encore mal connus, sont perçus comme imprévisibles en raison de l’évolution constante des technologies.


 

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