Le travail flexible permettrait d'économiser dix milliards d'euros par an en France

dimanche 21 décembre 2014

A l'heure où le gouvernement français recherche de nouvelles économies, voici une piste qui devrait intéresser plus d'une entreprise française. 2 jours de travail à distance par semaine pourraient faire économiser 1,7 milliard € et 247 millions d’heures aux travailleurs éligibles, selon les résultats de l'enquête que Citrix vient de dévoiler. Cette étude réalisée par l’institut Cebr (Centre for Economics and Business Research) mesure l’impact économique qu’aurait la mise en place de conditions de travail flexible en France ainsi que l’évolution du travail flexible et sa perception auprès de la population française.


Des bénéfices important pour l’économie française…

L’étude révèle que les knowledge workers[1] français aimeraient bénéficier de conditions de travail flexible. Si cette population était amenée à voir son souhait se réaliser, 92 % d’entre eux aimeraient travailler 2 jours par semaine à distance, permettant un gain de 9,8 milliards € par an pour l’économie Française – soit 0,5 % du PIB. Si l’ensemble de ces knowledge workers pouvait travailler 2 jours par semaine à distance, les économies annuelles en coûts de transports s’élèveraient à 1,7 milliard €, avec une réduction de 247 millions d'heures.

« Au cours de ces dernières années, de plus en plus d’entreprises se sont tournées vers le travail flexible et cette étude mesure l’impact positif que pourrait avoir la généralisation de ces pratiques sur l’ensemble de l’économie française », affirme Eric Kline, Vice-président de Citrix pour l’Europe de l’Ouest. « Les nouvelles technologies sont disponibles et nous permettent aujourd’hui de travailler de n’importe où. Reste à généraliser l’idée que les employés doivent désormais être évalués sur le travail qu’ils fournissent, indépendamment du temps qu’ils passent sur leur lieu de travail traditionnellement assigné. »


… Et pour les Français

L‘étude souligne l’appétence des Français pour le travail flexible. Ils sont ainsi 93 % parmi ceux qui ont la possibilité de travailler à distance à le faire. Et ils se déclarent davantage productifs (36 %), dignes de confiance (28 %) et valorisés (13 %).
Une perception très proche de ceux qui ne bénéficient pas encore du travail flexible. En effet, la réalité du travail flexible aujourd’hui ne fait que confirmer les attentes de ceux souhaitant bénéficier de cette initiative.

Parmi les personnes souhaitant avoir accès au travail flexible :
o 29 % affirment que cela leur permettrait de réaliser un choix de vie
o 16 % affirment que ce serait un moyen d’être plus productif
o 15 % affirment que cela supprimerait le trajet entre le domicile et le lieu de travail

Et ces attentes se trouvent être très proches de la réalité puisque ceux qui pratiquent déjà le travail flexible déclarent en masse bénéficier des avantages suivants :
o Travailler à son propre rythme (83 %)
o Assurer un meilleur équilibre vie privée / vie professionnelle (81 %)
o Organiser sa journée autour d’autres engagements (81 %)
o Accomplir plus de tâches en perdant moins de temps dans les transports (76 %).


De nouvelles possibilités sur le marché de l’emploi ?

Les travailleurs à temps plein ne sont pas les seuls à considérer les conditions de travail flexibles comme un atout.
Parmi les travailleurs à temps partiel éligibles, 65 % (soit plus 930 000 personnes) en feraient usage pour travailler plus d’heures. Permettant à eux seuls de contribuer à la croissance du PIB de 0,2 % par an. Dans le même temps, 78 % des inactifs et chômeurs affirment qu’ils seraient plus attirés par un emploi leur offrant des conditions de travail flexible.

Du côté des parents et des aidants familiaux, c’est l’absence de travail flexible qui à poussé 45 % d’entre eux à faire des changements importants dans leur vie professionnelle :
o 10 % ont opté pour un temps partiel
o 10 % ont décidé de changer d’emploi
o Près d’1 personne sur 4 (24 %) a dû quitter son emploi afin de pouvoir élever ses enfants ou s’occuper d’un proche.


Moins de dépense, plus de temps libre

95 % des knowledge workers déclarent qu’ils pourraient mieux gérer leur temps, leur permettant notamment de dégager du temps supplémentaire à certaines tâches. Jusqu’à 3h par semaine pour 69 % d’entre eux, notamment en évitant le temps de transports après un rendez-vous client en travaillant directement depuis ses locaux.

Dans le même temps, le travail flexible permet de dégager plus de temps pour soi. Ainsi, en travaillant 2 jours par semaine depuis son domicile, le gain de temps mais aussi de pouvoir d’achat est non négligeable : 85 h par an par personne pourraient être allouées à du temps libre, tandis que plus de 300 € par an pourraient être économisés.

« Le travail flexible apporte de nombreux bénéfices à ceux qui le pratiquent, aussi bien au niveau économique que du point de vue de l’équilibre vie privée / vie professionnelle », conclut Eric Kline. « L’entreprise y trouve également son compte. En effet, l’employé admet être plus efficace et productif lorsqu’il travaille à son rythme. Il s’agit d’une réelle requête de la part des employés aujourd’hui. Les sociétés qui choisiront de ne pas permettre le travail flexible à leurs employés risquent fort de perdre la chasse aux talents sur le marché de l’emploi. »


Méthodologie
L’étude a été menée par Opinium, cabinet de recherche spécialisé, du 23 au 27 octobre 2014 auprès de 1 265 personnes en France.

[1] Personnes disposant de qualifications et formations intellectuelles spécifiques et ayant pour rôle de transmettre leur savoir (consultants conseil, professions financières, scientifiques, développeurs, métiers du web, analystes, etc.)

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Les commentaires

Flexibilité....le terme est mal choisi ou ne correspond pas au contenu de cet article. Ce qui est appelé communément la fléxibilité en France ce n'est pas cela!
La flexibilité du travail est l'un des moyens permettant à une entreprise de s'adapter aux évolutions de sa demande et de son environnement.
Votre article parle simplement de quelque chose qui est en question de manière récurrente en France depuis des années et qui ne trouve pas d'écho auprès des employeurs: le télétravail.
Votre article, bien qu'intéressant au demeurant, laisse à penser que la plupart des salariés réclament la flexibilité ce qui n'est absolument pas le cas en réalité, ce n'est pas ce que dit votre article, en fait vous dites que les salariés souhaitent travailler de chez eux pour une meilleure gestion et un meilleur équilibre vie privée/vie professionnelle.
Attention à la confusion que fait naître l'emploi du mot flexibilité.

Par Demougeot le 24/12/2014 à 10:20

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