L’intelligence artificielle, un virage à ne pas rater

mardi 10 janvier 2017

La révolution de l’intelligence artificielle (IA) est pour demain. Pour l’heure, les solutions développées restent cantonnées au champ de l’IA faible. Autrement dit, elles ne traitent que d’un problème spécifique lié à un domaine précis (détection de fraudes bancaires, conduite automatique, traduction automatique, etc.). Il faudra donc encore attendre quelques années avant que ces technologies ne soient commercialisées plus massivement.
Telle est la principale conclusion du rapport que Xerfi vient de publier sous le titre « Le marché de l’intelligence artificielle - Perspectives de croissance, forces en présence et opportunités de l’écosystème français de l’IA d’ici 2020 ». 
Estimé à plus de 640 millions de dollars en 2016, le marché mondial devrait exploser pour atteindre 6 milliards de dollars en 2020. De quoi susciter les convoitises de certains opérateurs qui, plus attirés par la popularité du phénomène IA que par sa portée technologique, veulent transformer ces outils en argument de vente, quitte à utiliser le terme de manière abusive. Flavien Vottero, auteur de l'étude, nous livre son analyse.



Les pépites françaises en embuscade

La France a une carte à jouer dans la révolution IA. L’écosystème français peut en effet compter sur l’excellence de son savoir-faire académique en mathématiques et en informatique. Plusieurs pépites nationales ont d’ailleurs vu le jour dans les incubateurs des grandes écoles (Ecole Polytechnique, ENS, Les Mines...) ou dans des accélérateurs de start-up. Un dynamisme soutenu par les pouvoirs publics, avec l’initiative French Tech ou bien le crédit impôt recherche. Preuve de sa renommée en la matière, l’Hexagone attire de plus en plus les géants américains du numérique, à l’image de Facebook qui a choisi Paris pour installer son premier centre européen dédié à l’IA. La majorité des start-up françaises reste toutefois en phase d’amorçage, c’est-à-dire dans un cycle de R&D où les produits et solutions ne sont pas encore commercialisés mais testés par des early adopters. Une période charnière et pleine d’incertitudes.

Puisque les technologies d’intelligence artificielle se caractérisent par leur morcellement, rien d’étonnant à ce que de nombreuses entreprises se développent sur le modèle des start-up. Et la France n’échappe pas à la règle. Ainsi, les jeunes pousses hexagonales sont souvent spécialisées dans une brique technologique particulière, bien qu’elles puissent trouver des débouchés dans des secteurs divers. Smart Me Up a par exemple développé une solution de reconnaissance virtuelle, dont la surveillance des flux de voyageurs pour la SNCF et la sécurité routière sont des applications possibles. Le BtoB est la dimension généralement privilégiée par les start-up tricolores, à l’instar de la détection des fraudes dans la finance (DataPred), l’analyse prédictive du comportement des consommateurs pour les acteurs du marketing (AntVoice, Dataiku, DataPublica), le recrutement (Reminder) ou encore la santé (DreamUp Vision). Bien que les montants des différentes levées de fonds soient encore inférieurs à ceux affichés par d’autres technologies, la tendance est à la hausse pour les entreprises françaises.

Les entreprises utilisatrices durcissent le ton face aux GAFAMI

Les géants du numérique, eux, ont misé sur l’acquisition de l’éventail de technologies d’IA le plus large possible par le développement de plateformes et leur enrichissement par croissance interne et externe. Une stratégie coûteuse, qui se traduit par des investissements massifs. Google a ainsi racheté Moodstocks, une start-up française spécialisée dans la reconnaissance visuelle permettant aux smartphones et tablettes d’identifier des objets via leur caméra. Pour Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft et IBM (GAFAMI), l’IA est à la fois un moyen d’étoffer leurs offres tout en faisant fructifier les gigantesques volumes de data collectés. De leur côté, IBM et Microsoft se sont spécialisés dans la commercialisation de solution d’IA à destination des entreprises.

Face à l’offensive des GAFAMI, les entreprises utilisatrices redoublent d’efforts pour éviter la désintermédiation. Ainsi, elles multiplient les partenariats et les investissements pour développer leurs propres solutions d’IA et s’affranchir des fournisseurs traditionnels. Une diversification qui peut prendre plusieurs formes, de l’acquisition à la simple prise de participation en passant par l’ouverture de laboratoires de recherche en propre. A titre d’illustration, La Poste a racheté en 2016 la start-up spécialisée en analyse prédictive ProbaYes, ce qui lui permet dorénavant de détenir son propre centre de recherche.
 

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